29.04.2010

Nous, les PVA !

Chers amis bonjour !

 

Comment allez-vous en cette fin de semaine mouvementée ? Eh oui, qu’est-ce qu’il y en a des retournements de situation ces derniers jours non ? Certains diront que la fin du monde prévue pour 2012 approche, et d’autres, plutôt comme moi, sont convaincus que nous sommes sur le point de terminer la lecture d’une encyclopédie pour en écrire l’index d’une nouvelle.

 

En effet, les ultimes atouts qu’ont en mains les quelques dieux de la finance sont sur le point de tomber sur le tapis vert et ainsi laisser place au coup de poker final… Bravo ! Un système financier prêt à retourner ses positions « short » et le tour est joué ! Une fabuleuse machine spéculative pour laquelle les Etats s’en mordront longtemps les doigts d’avoir laisser agir un système pourri, surtout lorsque nous n’avons rien retenus de la crise du « subprime ». C’est bien joli de vouloir taxer les bonus des managers, mais cependant, si l’on ne s’attaque pas urgemment à l’idéologie ultra et néo libérale que le politique a avalisée depuis maintenant quelques décennies aux lobby financier, cela ne sera qu’un vent de passage !

 

Il est certain que les pays du « club med » paient aujourd’hui leur laxisme en matière de rigueur financière et ne doivent pas s’étonner d’avoir déjà un pied dans le gouffre. Cependant, il est toujours plus facile de stigmatiser un pays qui emprunte plutôt que de stigmatiser celui qui prête. Les PVD (Pays en Voie de Développement) en sont l’exemple le plus significatif, car les dettes qu’ils ont créées ne sont rien d’autre que le miroir de notre insouciance quant à notre devoir de diligence et de rigueur qui ont été le plus souvent inexistants.

 

Ce que nous allons vivre ces prochaines semaines aura une odeur de passé qui nous rattrape et qui va faire très mal à notre société où l’avarice en est devenu le moteur principal. Dès lors, l’Europe se trouve à un carrefour où deux chemins incertains ne se profilent même plus à l’horizon. A gauche, aider la Grèce pour soutenir l’euro mais au prix d’un aggravement des déficits des Etats qui vont devoir mettre la main au porte monnaie (car pour aider la Grèce ces pays devront se financer sur les marchés). A droite, laisser sortir la péninsule hellénique en espérant limiter le risque de contagion du défaut de paiement.

 

L’une ou l’autre de ces solutions mettra inévitablement l’euro sous pression. Si l’UE vient au secours de la Grèce (ce que je retiens toujours comme la plus probable des interventions), il est certain que le fétichisme spéculatif se détournera vers d’autres pays affaiblis de la zone euro et ceci sans pour autant que les futures échéances grecques soient garanties. Il y a donc peu de garanties pour que le sauvetage de la Grèce soit définitif, car selon les analystes financiers le besoin en liquidités sont de loin supérieurs au 10 milliards dont font appel les grecs. Pour vous donner une idée ; Deutsche Bank estime à 900 milliards de dollars le besoin en liquidités pour les pays dits « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce et Espagne) rien que pour 2010 ! Par ailleurs, ne croyez surtout pas que le risque de défaut n’est que spécialité de l’eurozone. Aussi bien les USA que l’Angleterre redoutent les conséquences catastrophiques si aucune solution n’était trouvée rapidement pour mettre un frein aux attaques spéculatives.

 

Dès lors, de nombreuses interrogations apparaissent sur la nécessité de sauver la Grèce au risque de voir d’autres pays du bassin méditerranéen se faire attaquer à leur tour par le système. Pour ma part, je dirais que l’Union Européenne est une jeune construction, qui, inévitablement, fera encore face à des situations critiques comme celle-ci. Les Etats-Unis dans leur genèse n’ont-ils jamais connus de tels déboires ? L’Europe est une construction qui doit encore apprendre, par la souffrance, a diffuser la solidarité intercommunautaire. C’est pour cela que le difficile choix de préserver la zone euro tel quel devrait prendre le dessus. Mais certes à un coût financier qui sera difficile à éponger sans consolidation économique saine et durable.

 

Tout le problème se concentre justement dans cette hypothèse économique. Et personnellement, de ce côté-ci, je suis très négatif. A moins qu’une nouvelle philosophie démocratique capable de nettoyer la face sombre de la finance s’impose dans la société, je ne vois pas comment nous parviendrons à renouer avec une croissance solide, qui soit créatrice d’emplois et prête à redistribuer dans la société la richesse produite par cette même société.

 

Enfin, non seulement l’Europe, mais tout l’occident industrialisé se trouvera demain dans une insupportable dépendance financière vis-à-vis des pays émergents qui furent un temps des PVD. Pensez aux énormes réserves monétaires qu’ils ont accumulés en euros, en dollar, en livre sterling, en yen ou encore en franc suisse, de quoi mettre le feu aux poudres sur les marchés financiers en cas de liquidation de ces réserves. Ces PVD qui furent un temps à la merci des nations spéculatrices occidentales, ont aujourd’hui les moyens de s’affranchir de notre tutelle et ainsi de prendre leur revanche.

 

Je terminerai par ces trois lettres finales qui, je pense, aujourd’hui, nous caractérisent pleinement : PVA, c’est-à-dire que nous, l’occident sans exception, sommes devenus des Pays en Voie d’Appauvrissement. Certains Pays en Voie de Développement ont su transformer leur dette en richesse, alors que les pays occidentaux ont transformé leur richesse en dette !

 

Bonne fin de semaine et que ceux qui spéculent sur les marchés financiers réfléchissent déjà au cadeau pour la prochaine fête des mères. Des actions Goldman Sachs ou des euros pour aller faire les courses en France ?

 

Crazyfinance

 

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